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- Histoire du mouvement Hachomer Hatzaïr
- Idéologie, les piliers du mouvement
- Les 10 lois du Shomer
- Notre devise, le Khazak VéÉmatz




Le mouvement Hachomer Hatzaïr existe depuis plus de 90 ans. Il a été créé en Galicie et a été installé en France, à Paris (dans le quartier de Belleville), pour la première fois, en 1933, par un groupe de jeunes juifs d'origines tunisienne et polonaise. Le mouvement a connu, depuis, une très forte affluence.

Continuellement présent au cœur des grands événements qui ont émaillé la vie des communautés juives du siècle dernier, de la lutte contre l'antisémitisme de l’Europe de l’Est à l'Afrique du Sud, à la création de l'Etat d'Israël et de ses kibboutzim (villages collectifs) les plus importants, en passant par sa participation active au sein de la Résistance Française durant la Seconde Guerre mondiale ou à la Révolte du Ghetto de Varsovie en 1943, le Hachomer Hatzaïr est intimement lié au peuple juif, à ses constructions et à ses espoirs.

Le contexte

Dès le début, deux facteurs se sont rencontrés pour fonder la base du Mouvement: d'une part le mouvement de la renaissance nationale, qui se répandait alors au sein de la jeunesse, et d'autre part, le scoutisme, qui donnait à la jeunesse une vie indépendante et qui se trouvait à la base de différents mouvements de jeunesse dans notre peuple. Tout d'abord se sont créés des centres indépendants dans divers pays et villes, sans aucun lien entre eux. Seule l'apparition des premiers journaux écrits en lithographie donna à ces organisations la possibilité de se rapprocher et de se concentrer. Les premières feuilles publiées par les kenim isolés, sont les premières preuves de l'existence du Mouvement.

Le Mouvement apparut en même temps dans des endroits différents. Ces centres étaient la Galicie (qui était alors sous le régime de l'empire autrichien), où régnaient les conditions d'un développement libre, et la partie de la Pologne sous le régime tsariste, où le libre développement était entravé. Là le travail se faisait en secret et conspirativement.

Dans ces deux centres parurent les premiers journaux du Mouvement. Mais dans ces deux centres, ce mouvement scout était organisé par une jeunesse provenant des couches à demi-assimilées, des élèves des écoles polonaises. Aussi, dès le premier jour, ce fut la langue polonaise qui domina. Par la suite elle fut remplacée partiellement d'abord, puis complètement, par la langue hébraïque.


Les balbutiements

En Galicie, s'est formé en 1912, dans le cadre d'un club sportif de Lwow, le premier gdoud des Tzofim comptant 200 khaverim. Les autres villes ont suivi Lwow, et après un certain temps, le scoutisme juif comptait dans ses rangs plusieurs centaines de haverim. En 1913. cette organisation a reçu le nom de Hachomer. Pendant la guerre, le centre du Mouvement est passé à Vienne, où il s'est unifié avec les cercles d'étudiants Tzeïré Zion (les Jeunes de Sion).

Cette unification est très importante dans l'histoire du Mouvement. Les Tzeïre Zion étaient complètement différents du mouvement qui venait de naître en Pologne: tandis que les Polonais formaient une organisation purement scoute, ne valorisant que la vie scoute et considéraient que l'étude ne devait s'en tenir qu'à celle dispensée par l'école, les Tzeire Zion, au contraire, formaient des cercles purement intellectuels, méprisant les sports, les promenades et les scouts en général. De plus. tandis que les scouts juifs polonais étaient tout à fait éloignés des valeurs nationales du peuple juif, les Tzeïre Tzion avaient une tendance nettement sioniste et socialiste. En fusionnant, les deux mouvements apportèrent l'aspect positif de leurs conceptions. Les scouts: une vie de jeunes libres dans toutes leurs manifestations; les Tzeïre Zion: l'amour de l'étude et le désir d'approfondir l'idéologie sioniste-socialiste.

En 1917 paraît à Vienne, le premier journal imprimé du Mouvement sous le nom: Hachomer, journal de la jeunesse de l'Hashomer Hatzaïr. Pour la première fois, l'idéologie du Mouvement atteint les larges masses et pénètre dans la jeunesse juive non organisée. Le journal crée les liens avec la jeunesse juive de la Pologne russe qui était organisée dans l'"Union des Scouts Juifs". Le journal paraît jusqu'en 1919.

En même temps que le mouvement en Galicie, le scoutisme juif a pris forme en 1913 dans quelques villes de la Pologne russe. comme Varsovie, Lodz, Bendin. Il a commencé à travailler dans la clandestinité, et ne se distinguait guère du Scoutisme polonais qui lui servait d'exemple.

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La Première Guerre Mondiale

La guerre mondiale éclate. En 1915, les Allemands ont conquis la Pologne et les conditions de travail changent Le réveil national devient de jour en jour plus fort. Les slogans de la renaissance et de la reconstruction d'Eretz-Israël commencent à influencer de grandes masses de la jeunesse juive. Le mouvement scout prend un caractère national sioniste et s'élargit avec rapidité. Au début, le mouvement s'est appelé l'Organisation du Scoutisme Juif. En 1918, l'organisation a reçu le nom de "Hachomer-Hatzair" (La Jeune Garde). Les deux centres se développent parallèlement, resserrant de plus en plus les liens idéologiques et administratifs entre eux.


L'entre-deux guerres

Avec la fin de la guerre, le centre de Vienne s'affaiblit, après que les chomrim venus de Galicie soient retournés chez eux. Pourtant il reste à Vienne un secré-tariat du mouvement galicien qui renouvelle la parution du journal "Hashomer", desservant cette fois-ci les deux centres polonais à la fois.

Après les massacres qui illustrèrent la première guerre mondiale, le peuple juif fut de nouveau submergé par de vastes pogroms. Alors qu'il semblait que le désespoir allait triompher se sont réveillées les forces vives du peuple. Le mouvement de la renaissance englobe des cercles de plus en plus vastes et la jeunesse juive s'élance vers la colonisation d'Eretz-Israël. Parmi les premiers qui se sont embarqués pour Israël, après la première guerre mondiale (la 3ème Aliyah) se trouvaient aussi nos khaverim de la jeune organisation de l'Hashomer Hatzaïr. Ils formaient le premier noyau du mouvement en Israël.

Pendant ce temps, le Mouvement s'est répandu dans d'autres pays, comme la Roumanie et la Russie. Il s'est alors fait sentir le besoin de coordonner les différents centres nationaux en un mouvement mondial. En 1924, s'est réuni à Dantzig le premier Congrès mondial de l'Hashomer Hatzaïr. A ce Congrès participaient des délégués de sept pays: Pologne, Galicie, Lituanie, Lettonie, U.R.S.S., Roumanie, Dantzig et Eretz-Israël. Ils créèrent une Hanhaga Elyona (Direction mondiale) qui devait diriger le mouvement mondial.

En Eretz-Israël, le mouvement progresse aussi. En 1927, les kibboutzim formés par les khaverim qui sont sortis des rangs du Mouvement, jettent les bases de l'organisation des kibboutzim de l'Hashomer Hatzaïr en lsraël: Ha kibboutz Haartzi. Dans la même année se réunit le deuxième Congrès mondial du Mouvement, qui approfondit les bases idéologiques et administratives du Mouvement.

Dès ce moment le Mouvement progresse sans arrêt. Il s'attaque à tous les centres de la vie juive en introduisant partout son idéologie. Il élargit sans cesse ses cadres, et il crée en même temps de nouveaux kibboutzim en Israël.

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La Deuxième Guerre Mondiale

La deuxième guerre mondiale a porté un grand coup au Mouvement. Nous avons perdu avec l'extermination du centre polonais, le berceau du mouvement mondial. Mais le Mouvement ne s'est pas découragé. Dans un élan renouvelé, il a alors pénétré dans les centres juifs qui n'ont pas été atteints par l'Hitlérisme: l'Amérique, l'Afrique et l'Europe Occidentale. Plus que jamais Il poursuit son oeuvre, en se préparant aux grandes tâches qui l'attendent encore dans l'avenir.


Israël existe... Que devient l'Hachomer Hatzaïr ?

Après la dernière guerre, les contradictions idéologiques entre nous et le Mapaï s'accentuent et on crée alors, en 1947, le parti "Hachomer Hatzaïr". Au début de 1948, le parti Hachomer Hatzaïr fusionne avec les autres fractions du Socialisme khaloutzique en lsraël: avec une partie du Mapaï, l'Akhdout Haavoda et avec le Poalé-Sion de Gauche. Ainsi prend forme le parti social-révolutionnaire de Palestine "Mapam" (Parti Ouvrier Unifié). Mais quelques années après, en 1953, l'Akhdout Avoda fait scission, se retire et refonde le Parti Akhdout Avoda.

Le mouvement de jeunesse, même après la création du parti, conserve sa complète indépendance. Quoiqu'il ait sur le terrain politique la même idéologie que le parti Mapam, il accomplit des tâches entièrement différentes. Notre mouvement est tout d'abord un mouvement d'autoréalisation, et de colonisation socialiste d'Israël. Ne peut être membre de notre Mouvement que celui qui s'efforce de réaliser lui-même son idéal dans le cadre du kibboutz. Du parti peut être haver (membre), chacun qui consent à lutter pour les idéaux politiques du parti.




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Idéologie
- Les piliers du Hachomer Hatzaïr

Le sionisme

Le sionisme est le mouvement de libération national et social du peuple juif. Pendant près de deux mille ans, le peuple juif a été un peuple opprimé et qui n'a pu que subir l'Histoire. C'est seulement depuis peu qu'il a repris son destin en mains, et sa tâche n'en est qu'à ses débuts. La culture nationale et humaine du peuple juif dans la gola étant dénuée de toute base territoriale et économique productive, n'ayant aucune possibilité de développement social propre, ne s'épanouira pleinement que par l'édification d'une société juive en Eretz Israël. L'organisation sioniste mondiale est l'expression de l'union de toutes les forces du peuple pour la construction d'Eretz Israël et la rénovation de sa culture. C'est la raison de notre affiliation à cette organisation et de notre participation aux congrès sionistes.

L'organisation sioniste aura terminé sa tâche lorsqu'il y aura en Eretz israël une base économique, culturelle et politique autonome, pouvant se passer de l'aide de l'état, volontairement établie par le peuple. L'organisation sioniste est donc de ce point de vue une institution provisoire.

L'alyah reste encore et toujours le but premier dans la réalisation sioniste du mouvement, mais aujourd' hui, le sionisme peut aussi s' affirmer par d' autres moyens; une solidarité avec Israël et tous ses habitants, un soutien clair au processus de paix entamé avec les Palestiniens et les pays voisins, une éducation poussée dans les liens forts (historiques, sentimentaux) qui unissent Israël et la Diaspora.

Le socialisme

Le socialisme est la forme d'organisation sociale où chacun donne à la société selon ses capacités et en reçoit selon ses besoins. C'est donc la seule organisation sociale qui permette la pleine réalisation de l'Homme et de son caractère humain sur le plan pratique, cela veut dire entre autres: abolition des classes sociales, suppression de l'exploitation de l'Homme par l'Homme, collectivisation des moyens de production et de consommation.

Cela se traduit à l'Hashomer Hatzair par entre autres la koupa, le keren mahanet (fonds pour les mahanot). Le socialisme est une doctrine progressiste et fondamentalement basée sur la justice. Il essaie de réparer les erreurs commises dans le passé afin que le niveau de vie d'une famille ne prédétermine en rien l'avenir de ses enfants, matériellement ou spirituellement.

Le kibboutz représente la concrétisation immédiate et non rejetée dans un futur lointain de la synthèse sioniste-socialiste. c'est également l'avant-garde consciente de la futur société socialiste israélienne qui a encore à trouver sa forme originale.

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L'amitié entre les peuples

On défend des idées humanistes et on lutte contre le racisme car nous pensons que chaque être humain a sa place sur terre quelle que soit sa religion ou sa couleur de peau. L'humanité est une grande famille et il est de notre devoir d'aider ceux qui ont eu la malchance de naître au mauvais moment, au mauvais endroit, ceux qui sont persécutés pour leur opinion ou en raison du combat qu'ils mènent pour la démocratie et la liberté. Nous, en Belgique, nous nous sentons loin de ces problèmes mais nous ne devons pas nous complaire dans notre situation car ce serait ignoble. Il nous faut agir, participer aux manifestations antiracistes, se mêler aux actions d' organisations humanitaires.

Nous considérons notre lutte pour l'entente et la fraternité des peuples comme partie intégrante de la lutte de libération nationale qui anime les autres peuples, et en particulier ceux du Moyen-Orient. dans ce contexte, nous avons toujours reconnu que sans la satisfaction des aspirations légitimes du peuple palestinien à l'indépendance, Israël ne connaîtra pas la paix. Mais nous affirmons résolument que seuls la reconnaissance réciproque des deux nations, et la coexistence pacifique de l' État d' Israël et d' un État Palestinien sont la solution juste et réaliste du conflit.


Le khaloutzisme

Le Khaloutzisme est au départ le mouvement pionnier qui animait les premières alyot Au fil du temps, le Khaloutzisme est devenu l'état d'esprit, idéal, que chaque haver de l'Hashomer Hatzaïr se doit d'acquérir. Fait de volonté, de courage, d' abnégation cet état d'esprit, qui fut celui des premiers pionniers nous pousse à être à la pointe de tous les combats, à l'avant garde de toutes les idées, à se perfectionner spirituellement et corporellement dans toutes les actions entreprises.


Le scoutisme

Le scoutisme nous apprend à vivre dans la nature en se servant de tous ses atouts. Il a pour objet de contribuer à former le caractère, la santé physique et psychique et l'esprit d'initiative des jeunes. La pratique du scoutisme s'accompagne d'un respect profond envers la nature, elle nous fait comprendre l'importance vitale que la nature occupe dans l'équilibre de l'homme.


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Les 10 lois du Shomer

 

1. Le Shomer est homme de vérité, son devoir est de la conserver.

2. Le Shomer est le pionnier de la renaissance de son peuple, de sa langue et de sa patrie.

3. Le Shomer est actif, travailleur et sait vivre des fruits de ce dernier.

4. Le Shomer est réalisateur, il combat pour la justice, la fraternité et la liberté de l'humanité.

5. Le Shomer aide et soutient ses camarades.

6. Le Shomer est fidèle aux lois shomriot et se voue au respect de sa discipline.

7. Le Shomer est courageux, joyeux et toujours prêt.

8. Le Shomer aime la nature, la connaît et sait vivre en son sein.

9. Le Shomer est homme de bonne volonté et s'enrichie intellectuellement et physiquement.

10. Le Shomer est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes. Il ne fume pas, ne boit pas et respecte les règles de la moralité sexuelle.



Notre devise, le Khazak VéÉmatz

Littéralement "force et courage", c'est la devise du mouvement. Elle est accompagnée du signe de main ci-contre. L'index, le majeur et l'annulaire symbolisent les trois principales valeurs du Hachomer Hatzaïr; le Sionisme, le Khaloutzisme et le Scoutisme. L'auriculaire est recouvert par le pouce, ce qui représente le grand protégeant le petit.

Le Khazak VéÉmatz a traversé près d'un siècle d'Histoire, en passant par Mordehaï Anielewicz, membre du Hachomer Hatzaïr en Pologne et organisateur de la révolte du Ghetto de Varsovie en 1943, qui écrivait dans sa dernière lettre; "L'essentiel est que le rêve de ma vie est devenu vrai ; j'ai assez vécu pour voir la résistance juive dans le ghetto dans toute sa grandeur et toute sa gloire. Khazak VéÉmatz", en passant par les séminaires réunissant tous les pays où le Hachomer Hatzaïr est présent et où le Khazak VéÉmatz est écrit en lettre de feu, en passant par toutes les cérémonies solennelles (mifkadim), où "Khazak VéÉmatz" est crié trois fois accompagné du signe de main levé vers le ciel.

Aujourd'hui en 2008, nous sommes fiers de porter cet héritage vieux de 95 ans.

Khazak VéÉmatz !

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"Les Chemins de la Fidélité, contribution à l'histoire du mouvement Hachomer Hatzaïr en France"
Par Henry Bulawko, ancien membre et responsable du Hachomer Hatzaïr en France


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